Nouvelles mesures du Canada pour aider les employeurs ruraux à recruter des travailleurs étrangers temporaires en 2026

Le gouvernement du Canada vient d’annoncer une série de mesures destinées à aider les employeurs situés dans les régions rurales à surmonter leurs difficultés de recrutement. Ces ajustements concernent principalement le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), et visent à donner plus de flexibilité tout en veillant à ce que les Canadiens et les résidents permanents conservent la priorité pour les emplois disponibles.
Ces changements, applicables jusqu’au 31 mars 2027, devraient bénéficier aux secteurs confrontés à une pénurie chronique de main-d’œuvre, particulièrement dans les zones éloignées des grands centres urbains.
Objectif : un meilleur équilibre du marché du travail
Les entreprises rurales, notamment dans l’agriculture, la fabrication, la transformation alimentaire ou l’hôtellerie, peinent depuis plusieurs années à recruter localement. La rigidité du plafond de 10% imposé aux postes à bas salaire occupés par des travailleurs étrangers temporaires (TET) limitait leur capacité à maintenir leurs activités.
Un nouveau plafond mieux adapté aux réalités locales
Le gouvernement propose deux principales options pour les employeurs admissibles :
- Conserver la proportion actuelle de TET dans les postes à bas salaire, si celle-ci dépasse déjà la limite actuelle de 10%.
- Bénéficier d’une nouvelle limite maximale de 15%, au lieu des 10% antérieurs, pour les postes à bas salaire.
Ces mesures permettront aux employeurs de répondre à la demande urgente de main-d’œuvre tout en respectant des conditions de travail équitables et encadrées.
Qu’entend-on par “région rurale” ?
Aux fins de ce programme, une région est considérée comme rurale lorsqu’elle se trouve en dehors d’une région métropolitaine de recensement (RMR), selon la définition de Statistique Canada.
Comment vérifier si votre entreprise est admissible ?
Il suffit d’entrer le code postal du lieu de travail sur le site du Recensement de la population. Si aucune RMR n’apparaît pour cette adresse, votre entreprise est reconnue comme étant située dans une région rurale admissible.
Cette approche uniforme simplifie la compréhension des critères et garantit une application cohérente à travers toutes les provinces et territoires participants.
Provinces et territoires : mise en œuvre progressive
Les mesures ne seront appliquées que dans les provinces et territoires qui confirment officiellement leur participation. À ce jour, le Québec et la Nouvelle-Écosse sont les deux premières provinces à avoir adhéré au dispositif.
Québec : maintien de la proportion actuelle de TET
- Mesure adoptée : Les employeurs peuvent conserver leur proportion actuelle de TET occupant des postes à bas salaire, même si elle dépasse la limite de 10%.
- Secteurs concernés : Tous les secteurs d’activités.
- Date d’entrée en vigueur : Pour les EIMT (Évaluations de l’impact sur le marché du travail) reçues à partir du 1er avril 2026.
Cette flexibilité est particulièrement saluée dans des régions comme le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay ou la Gaspésie, où la main-d’œuvre locale est rare.
Nouvelle-Écosse : double flexibilité pour les employeurs ruraux
- Mesures adoptées :
- Conserver la proportion actuelle de TET.
- Bénéficier d’un plafond relevé à 15% pour les postes à bas salaire.
- Secteurs concernés : Tous les secteurs.
- Entrée en vigueur : Pour les demandes d’EIMT soumises à partir du 14 avril 2026.
Cette province atlantique a choisi d’aller un pas plus loin, en offrant une marge de manœuvre supplémentaire aux employeurs de zones rurales touchées par l’exode des jeunes travailleurs.
Impact attendu sur l’économie rurale canadienne
Ces mesures ne constituent pas seulement un ajustement administratif : elles représentent une bouffée d’air pour de nombreuses entreprises rurales en quête de stabilité. En permettant un recours plus souple aux travailleurs étrangers temporaires, le Canada souhaite :
- Soutenir la compétitivité des entreprises rurales.
- Éviter les fermetures causées par le manque de main-d’œuvre locale.
- Stabiliser la production régionale, notamment dans les secteurs clés comme l’agroalimentaire et le tourisme.
Un équilibre entre flexibilité et responsabilité
Malgré l’assouplissement des plafonds, le principe de priorité à la main-d’œuvre canadienne demeure inchangé. Chaque demande d’EIMT continuera de devoir démontrer l’incapacité à recruter localement, garantissant ainsi un équilibre entre besoins économiques et équité sociale.
Calendrier de mise en œuvre et prochaine étape
Une fois qu’une province ou un territoire confirme officiellement son adhésion, les nouvelles dispositions peuvent être mises en œuvre en seulement deux semaines.
Ces mesures temporaires resteront en vigueur pour toutes les demandes d’EIMT présentées jusqu’au 31 mars 2027.
Le site du Programme des travailleurs étrangers temporaires sur Canada.ca sera mis à jour régulièrement pour informer les employeurs et conseillers en immigration à mesure que d’autres provinces annonceront leur participation.
Où obtenir plus d’informations ?
Les employeurs et consultants intéressés peuvent :
- Visiter le site officiel du Programme des travailleurs étrangers temporaires sur Canada.ca.
- Contacter le Centre de services aux employeurs, qui pourra confirmer la participation provinciale et les conditions d’admissibilité.
- Suivre les mises à jour sur les médias officiels du ministère de l’Emploi et du Développement social du Canada (EDSC).
Un appel à la collaboration régionale
Les autorités encouragent les entreprises, associations professionnelles et chambres de commerce à diffuser cette information dans leurs réseaux afin de maximiser la portée et l’efficacité de la mesure.
Conclusion : une opportunité pour renforcer le tissu économique rural
Le Canada envoie un signal fort : les régions rurales ne seront pas laissées pour compte dans la relance du marché du travail. En assouplissant temporairement les règles du Programme des TET, Ottawa permet aux petites entreprises rurales de rester actives, compétitives et stables.
Si d’autres provinces suivent l’exemple du Québec et de la Nouvelle-Écosse, ces ajustements pourraient devenir un modèle de soutien collaboratif entre gouvernements, employeurs et travailleurs étrangers, contribuant à la vitalité durable des communautés rurales partout au pays.







